Leen Voet – Installation Henry
23/03/2007 - 07/04/2007

Leen Voet a photographié le jardin de la maison Grégoire pendant la nuit, elle en a réalisé 21 peintures d'un format de 210 cm x 145 cm. Dimensions déterminées par le rapport 24 x 36 de l’appareil photographique pour pouvoir cadrer et reproduire la peinture en diapositives noir et blanc: objet de l'exposition qui s’est tenue à la maison Grégoire de novembre 2006 à janvier 2007.
 
aliceday est heureuse de présenter aujourd’hui ces 21 huiles sur toile intitulées Installation Henry.
 
Le jardin Grégoire a été dessiné par Henry van de Velde, nous dirons qu'il est aussi moderne. Une photographie pourrait le placer à Roquebrune Cap-Martin, Buenos Aires, le mélange de ses essences produisant l'effet intercontinental tant désiré. La précision de ses idées n'y est plus entretenue, une modernité laissée à veau l'eau.
 
après-midi nocturne
L'interprétation qui suit m'est propre car je considère la peinture de Leen Voet propice à l'impression mélangée, j'entends autant les siennes que la mémoire de celui qui la regarde.
Leen Voet est ainsi romantique et si cette catégorie est large, je lui accorde d'abord cette lecture: La vertu du romantisme, c'est d'annuler les limites, comme le fait la nuit elle-même lorsque les articulations du jour s'évanouissent. Nous entrons ainsi dans un monde du diffus, de la diffluence[1].
ne m'attend pas ce soir car la nuit sera noire et blanche, ultime message de Gérard de Nerval, il reste le plus habile pour faire sortir de l'ombre la reine de Saba s’il le faut, destinée sentimentale via son unique credo : L'existence véritable n'est pas ce que nous voyons ! La réalité de l'artifice, les romantiques rejoindront les épicuriens dans le jardin et n'en reviendront plus: plaisirs lunaires et comètes. Et si je pense que Leen Voet les a aussi rejoints alors la nature reste encore le miroir de l'âme.

Pas la Couleur, rien que la nuance !

Oh ! la nuance seule fiance

Le rêve au rêve et la flûte au cor !

                                Paul Verlaine


[1]Vladimir Jankelevitch in Magazine Littéraire, n° 136, mai 1978