Aurelie Salavert
Natura Lapsa
25/09/2014 - 30/11/2014

Natura Lapsa  Exposition Collective

Fabienne Audéoud, Aline Bouvy, Calmets, Stéphanie Cherpin, Anne Colomes, Ann Craven, Tom De Pekin, Julien Dubuisson, David Evrard, Peter Fischli et David Weiss, Piero Gilardi, Damien Gouviez, Mark Handforth, Laurent Le Deunff, Ingrid Luche, Mirka Lugosi, Richard Monnier, Cécile Noguès, Aurélien Porte, Samuel Richardot, Torbjorn Rodland, Anne-Laure Sacriste, Aurélie Salavert, Elmar Trenkwalder, Mathias Tujague, Marianne Vitale, Marnie Weber

Exposition Collective
Entrepôt-galerie du Confort Moderne
185, rue du Faubourg du Pont-Neuf - 86000 Poitiers, France
Du 26 septembre au 30 novembre 2014

Des époques ont existé, pendant lesquelles la nature était crainte, perçue comme un domaine de perdition, le terrain de jeu du sauvage et du diable : la notion de natura lapsa. L'exposition se construit librement autour de cette idée de la nature, une image abstraite et inquiétante aux antipodes des représentations opportunistes et mercantiles qui traversent les medias, les offices du tourisme et le bien-penser écologique dominant.

Les œuvres d'une trentaine d'artistes composent un environnement immersif où les sculptures deviennent arbres, branches ou rochers tandis que les peintures et les murs deviennent forêt, iceberg ou lignes d’horizon. Les choix de mise en espace rejouent en partie les codes muséographiques des musées d’histoire naturelle ou de civilisation. Le diorama et son système de présentation par mise en situation ou mise en scène d’un modèle d’exposition agit comme schéma de référence mais en lieu et place de l’animal disparu ou du personnage historique apparaissant dans son environnement habituel. Ce sont les sculptures qui prennent le premier rôle de cette reconstitution fragmentée et atmosphérique.

La grande majorité des artistes invités contournent la figuration et refusent des représentations trop évidentes de la nature. On ne trouve que très peu d’éléments naturels dans les matériaux utilisés. Le cuivre, le graphite, le spray, la mousse expansée, les émaux, les néons remplacent le bois, la terre, la pierre ou la lumière. La main domine pourtant sur la production déléguée, la récupération et une certaine humilité dans les échelles créent une ambiance, feintent l’homogénéité. Le modèle même qui a préexisté à l’œuvre semble avoir disparu, s’être distordu jusqu’à l’effacement. Aux représentations naturalistes, nous préférons les formes monstrueuses que seule la nature peut engendrer.

Laurent Le Deunff s’est livré au commissariat d’exposition dans une étroite relation au lieu, à son histoire et à sa communauté d’artistes. Il a su convoquer la sédimentation à l’œuvre dans l’espace d’exposition, jouer avec les empreintes que les artistes ont laissées avec intuition. Pas de décor trop appuyé, de folklore suranné, ni de rites remis au goût du jour mais le rêve joyeux d’un paysage humide et sexué où les ronces et les mauvaises herbes poussent librement : une exposition intuitive et manifeste. Créer cette exposition avec lui nous a permis de libérer nos positions réciproques (artiste/commissaire), pour parler d’une seule voix : celle du plaisir, de l’attention aux artistes et de l’amour des expositions.