Marcel Miracle

Marcel Miracle, mène une existence discrète et habitée. 
Il élabore une œuvre fondée sur l’association de mots et de dessins.
Géologue de formation, il collecte des objets hétéroclites : coquilles brisées, os de seiche, brindilles, capsule rouillée, caoutchoucs coloré, papiers et autres résidus de son quotidien ou de ses périples sahariens. Ces menues choses, il  les organise comme les signes d’une pensée graphique qui  suggère le réel dans des sens nouveaux  et inattendus.
« Grand lecteur de Breton, Borges ou Perec, Marcel Miracle se sert des mots comme canalisateur d’images qui viennent ponctuer les dessins, leur donner une angulation équivoque, creuser un deuxième, un troisième sous sol sous l’apparence surface des choses. »
Marcel  Miracle définit son travail comme une organisation du chaos en cosmos et nous propulse dans cette alchimie époustouflante du mot et du signe  vers un gigantesque réservoir de poésie appliquée.


Marcel Miracle. Magicien d'encre

Text  by Anne Pitteloud, Le Courrier, samedi 17 janvier 2009, Suisse.

«Dans la synagogue de Thamühl vit un animal qui a à peu près la taille et l'aspect d'une martre (...). Sa couleur est un vert-bleu clair», écrit Kafka dans ses Récits et fragments narratifs. A partir de cette phrase énigmatique, Marcel Miracle a créé un monde. On y pénètre par trois portes: une série de 110 dessins à la plume réalisés par groupes de dix, de brefs poèmes qui leur font écho, et un texte plus narratif qui raconte la vie à Thamühl, cité imaginaire dont le plan est inscrit sur le pelage des lycaons de Turner – les petits de ces canidés «naissent avec le plan d'un quartier seulement». On y trouve aussi un linguiste alcoolique, une société secrète de pêcheurs à la ligne, un certain Gustave Perhec et la réfutation du nombre 12, une énorme sphère qui s'anime parfois d'images ou un «anarchiste exemplaire devenu boxeur mondain» [...]

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«Au-delà Lisboa», par Francesco Biamonte

C'est un merveilleux objet dès l'abord, dès la couverture : l'étoile de mer rouge semble coloriée au stylo à bille, une de ses branches est cassée, la nuit bleue qui l'entoure attire l'œil et le toucher. En lisant le livre, l'on pourra inscrire cet animal-signe dans une rêverie profonde qui lui confère une vibration bien plus forte encore. Il y a encore la forme du petit volume, son poids particulier dans la main, les petits caractères qui évoquent l'empreinte de la machine à écrire d'autrefois. Il y a encore le très fin fil rouge légèrement brillant qui en relie les pages avec grâce, à la fois luxueux et précaire : ces feuillets sont tenus ensemble par un étincelant presque-rien, ils pourraient se détacher les uns les autres, connaître un destin propre, ou aucun destin, on le sent physiquement en ouvrant ce livre. [...]

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Marcel Miracle expose ses œuvres à la Galerie Ligne Treize à Genève. Etabli à Lausanne, discret, Marcel Miracle a d'abord été géologue avant de devenir artiste. Il a, comme il le dit lui-même, longtemps "violé" la terre en la forant avant de se pencher tendrement sur elle et de cueillir à sa surface mille petites choses insignifiantes: brindilles, coquilles brisées ou élastique coloré pour en faire des assemblages poétiques. Résolument émerveillé, Marcel Miracle fait de l'apparemment rien une œuvre. Et de l'imaginaire, la trame de ses dessins ou de ses collages. Carrés blancs de papier, l'histoire s'y dessine, à fins traits d'encre de Chine. Jean-Marc Falcombello a rencontré l’artiste.

Dare Dare du 11 mai 2010, RSR 2

http://www.artfiction.ch/sons.php
 

CHAUD DEVANT !OU LES MIRACLES DE MARCEL
Marcel Miracle, Petit manuel de Minéralogie Prophétique, Editions art&fiction, Lausanne, 2012.

Sous un ciel magnanime le Sahara de Marcel Miracle devient une fleur de l'Apocalypse où stagnent mille sources d'inspiration. Son nouveau charpentier ne parle jamais la langue de bois. Certains estimeront sans doute qu'un tel manuel est bancal, caduque, rococo, riquiqui. Ils feraient mieux de se chauffer à son soleil. Car ce petit livre a le mérite de voir grand et haut même quand il scrute le désert par le petit bout de la lorgnette.

Le livre quoique aérien est dense. Si bien qu’à la fin il n’y a même plus de place pour une énième palpitation minérale. Air, matière, pâte, couleur claire pour la lumière ou noire pour l'ombre, pirouettes et cabrioles : tout ne se retrouve dans des corps et graphies jamais imposées au sein d'une marche non forcée et parfois titubante. De la sorte la pensée se met à chanter pompette.

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